Chaque année, le 11 Novembre, les autorités civiles et militaires, et les représentants des associations patriotiques se recueillent face au monument KERMINA , dans la partie militaire du cimetière St-Georges. Mais qui se cache derrière le nom KERMINA ?

Le 4 janvier 1918, à 4 h du matin, un avion revenant vraisemblablement d'une mission de bombardement de nuit sur le secteur de Mannheim-Ludwigshafen, tente un atterrissage de fortune près de la gare de Surbourg, mais ayant heurté une ligne électrique à haute tension, il capote. La dépouille de l'aviateur, ramenée à Haguenau, est inhumée au cimetière Saint-Georges. Sur la tombe est placée une plaque portant les initiales « F.K. », qui se trouvaient sur un mouchoir trouvé sur le jeune aviateur.

 

Vers la fin de la guerre, Louis EICHINGER, le responsable local du Souvenir français, apprend qu'il s'agit en fait du lieutenant Francis KERMINA, âgé de 25 ans. On porta alors sur la tombe le nom complet et un service funèbre fut célébré à sa mémoire le 4 janvier 1919, en l'église Saint-Georges, en présence de la famille.

 

 

Une « fondation» pour les écoliers:

 

Par la suite, cette dernière fit ériger un monument sur la tombe. En décembre 1922, la famille KERMINA fait exhumer le corps du lieutenant pour le rapatrier dans la région parisienne. Un an plus tard, le 11 novembre 1923, au cimetière militaire de Saint-Georges, Louis EICHINGER remettait solennellement à la ville de Haguenau, représentée par le maire Weiss, le monument - une croix sur un haut socle, érigé en l'honneur des soldats français et alliés reposant dans ce cimetière, et spécialement en souvenir de l'aviateur KERMINA.

 

La famille du lieutenant KERMINA était aisée. Dès le début de l'année 1919, elle adresse au maire de Haguenau une somme de 1 000 francs pour trente prix à répartir « entre les jeunes écoliers de Haguenau les plus méritants, ayant fait depuis l'armistice le plus de progrès dans la langue française ». En octobre 1919, arrive une somme supplémentaire de 5 000 francs, destinée à être employée dans le même but. Le 22 décembre, à la salle de la Douane, 210 élèves reçoivent des prix. Cette « fondation KERMINA» a existé jusqu'en 1939 : une somme de 1 000 francs (900 à partir de 1936) apparaît chaque année dans le budget de la ville.

En 1942, le fossoyeur Aloyse Mayer reçoit l'ordre de démolir le monument KERMINA, Mais pour lui il n'était pas question de trahir les liens unissant la famille KERMINA à la ville de Haguenau. Pendant toute une nuit, il démonte le monument pierre par pierre: avec un petit chariot, il transporte les blocs dans un endroit vide du cimetière où il les enterre. Les Allemands ne remarquèrent rien et, après la guerre, Aloyse Mayer put déterrer les blocs et les replacer pièce par pièce à leur emplacement initial.

 

De nos jours:

 

Même si la fondation KERMINA, n’existe plus dans les termes décrits ci-dessus , la famille du Sous-lieutenant  Francis KERMINA continue à soutenir  l’action du  SOUVENIR FRANCAIS de Haguenau en adressant chaque année un don au profit de ses bonnes œuvres. Ce don symbolise à la fois l’attachement au devoir de mémoire que perpétue le SOUVENIR Français mais aussi à la mémoire de cet aïeux qui un jour a fait  don de ses 25 ans pour que vive la France en liberté.